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BANQUE CENTRALE & SIMANDOU : DE 350 MILLIONS À 2,5 MILLIARDS DE DOLLARS, LE DÉFI DU CHOC DE LIQUIDITÉ PRÉVU PAR LA BCRG

Par la Rédaction d’Infomines224 Publié le 21 Octobre 2026 — Conakry, République de Guinée

MACROÉCONOMIE & MINES — S’exprimant en marge de la clôture du 5ᵉ Forum économique et commercial Royaume-Uni – Afrique francophone, le Gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, a livré une feuille de route financière et macroéconomique détaillée pour la Guinée à l’ère du projet Simandou.

Entre prévisions d’envolée des recettes budgétaires, risques d’inflation par choc de liquidité et gestion stratégique des réserves de change, retour sur les annonces clés et les défis monétaires majeurs d’ici 2040.

1. Des revenus miniers qui vont quadrupler à l’horizon 2040

Les chiffres partagés par le patron de la BCRG illustrent le changement d’échelle majeur que va connaître l’économie guinéenne :

  • Dès 2026 (Année 1) : les recettes directes du projet Simandou sont estimées à 350 millions de dollars US. À titre comparatif, cette première année d’exploitation générera à elle seule autant de ressources fiscales et domaniales que l’ensemble des autres projets miniers (bauxite, or, diamant) réunis actuellement en activité dans le pays (environ 500\text{ millions \$ US}).
  • À moyen terme : les rentrées financières régulières devront se stabiliser autour de 1,5 milliard de dollars US par an.
  • À l’horizon 2040 : le plafond des recettes issues de Simandou est projeté à 2,5 milliards de dollars US annuels pour le Trésor public.

2. Risque d’inflation et régulation monétaire : Le diagnostic de la BCRG

L’injection massive d’injectables financiers dans le circuit économique guinéen comporte un risque classique en économie des ressources : le syndrome hollandais et la poussée inflationniste par afflux de liquidités.

  • Nature de l’inflation en Guinée : Dr Karamo Kaba précise que l’inflation globale est passée de 3\% à 6\%, mais qu’elle reste majoritairement importée (coût du fret, tensions géopolitiques, énergie). L’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) stagne à seulement 1\%, traduisant une absence de surchauffe interne.
  • Politique de taux : la BCRG maintient son taux directeur à 9,50 % afin de ne pas asphyxier le crédit aux entreprises, tout en se disant prête à procéder à des opérations de stérilisation monétaire si l’afflux de liquidités de Simandou venait à menacer la stabilité des prix.

3. Change, réserves et impératif de diversification

Face à l’afflux de devises et à la nécessité de garantir le rapatriement des bénéfices pour les investisseurs internationaux :

  • Envolée des réserves de change : les réserves de la BCRG ont bondi de 1,5 à 4,5 milliards de dollars US en un an, offrant désormais une couverture de 5 mois d’importations de biens et services.
  • Rapatriement des recettes d’exportation : La BCRG durcit les contrôles quant à l’application stricte de la directive imposant le rapatriement d’au moins 50 % des recettes d’exportation par les compagnies minières.
  • Le défi de l’agriculture : malgré l’empreinte de Simandou, la BCRG rappelle que le secteur minier doit servir de levier pour financer l’économie réelle : les crédits bancaires alloués à l’agriculture ne représentent encore que 3 % du total des crédits à l’économie.

Infomines224 continuera d’analyser la mise en œuvre des réformes de la BCRG (notamment le déploiement de Nimba Pay et le développement du marché financier de titres).

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