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Réserves d’or : Le Ghana fait bondir ses stocks de 476 % — quelles leçons pour la guinée et la bcrg ?

Selon les données de la Banque du Ghana et du World Gold Council, la valeur des réserves d’or de la banque centrale ghanéenne a atteint 3,65 milliards de dollars US à la fin juin 2026, contre 634 millions au deuxième trimestre 2023. Une progression de 476 % en trois ans, marquant la plus forte hausse enregistrée parmi les principales économies africaines suivies par l’institution, devant l’Algérie, l’Égypte et l’Afrique du Sud.

Si cette spectaculaire montée en flèche s’explique en partie par la hausse constante des cours mondiaux de l’or, elle est avant tout le fruit d’un dispositif réglementaire et institutionnel agressif d’accumulation de la rente aurifère.

1. La stratégie d’Accra : Souveraineté aurifère et rachat obligatoire

Pour constituer ces réserves physiques (24,4 tonnes détenues en juin 2026), le Ghana s’appuie sur deux piliers majeurs :

  • Le relèvement du quota obligatoire : depuis le 1er juillet, les compagnies minières opérant au Ghana doivent obligatoirement céder 30 % de leur production à l’État (contre 20 % auparavant).
  • La collecte de l’or artisanal via le GoldBod : le Ghana Gold Board (GoldBod) centralise et rachete la production issue des petites exploitations et des orpailleurs artisanaux pour l’intégrer directement dans les coffres de la banque centrale grâce au Ghana Gold Reserve Act Programme promulgué début 2026.

2. Gestion dynamique et arbitrages de devises

L’analyse de la trajectoire ghanéenne révèle une gestion active des réserves : après un sommet atteint à 37,1 tonnes en septembre 2025, la Banque du Ghana a su convertir une partie de ses avoirs en devises étrangères afin de diversifier ses risques de concentration, avant de relancer massivement ses rachats.

Cette politique vise à prémunir le pays contre la volatilité des marchés extérieurs et à stabiliser sa monnaie nationale (le Cedi), durement touchée lors de la crise de la dette en 2022-2023. En 2025, l’or a généré 21 milliards de dollars US d’exportations, représentant près des deux tiers des recettes d’exportation totales du pays.

3. Quel enseignement pour la Guinée et la BCRG ?

Pour la Guinée — vaste producteur d’or en Afrique de l’Ouest avec d’importants gisements dans la région de Siguiri — cette dynamique ghanéenne offre un cas d’école stratégique :

  • Mise en place d’un fonds souverain et de réserves physiques : alors que la Guinée déploie la vision « Simandou 2040 », la captation et l’intégration d’une part de la production aurifère nationale dans les réserves de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) constituent un levier capital pour adosser le Franc Guinéen (GNF) à un actif tangible de classe mondiale.
  • Encadrement du secteur artisanal : l’expérience du GoldBod démontre la nécessité de rationaliser les circuits d’achat de l’orpaillage traditionnel afin d’éviter la fuite des capitaux et le trafic transfrontalier au profit des réserves de l’État.

Infomines224 continuera de suivre la politique des banques centrales ouest-africaines quant à la gestion de leurs ressources minières stratégiques.

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