Gouvernance Extractive / Niger – Pétrole : Niamey pose un ultimatum de 45 jours aux géants chinois pour rapatrier 3 000 milliards FCFA
Le bras de fer s’intensifie entre Niamey et ses partenaires pétroliers chinois (CNPC, WAPCO, SORAZ). Le comité de négociation nigérien a accordé un délai de 45 jours aux trois compagnies pour corriger les manquements dans le rapatriement des recettes pétrolières et l’application des accords de partenariat. Un signal fort envoyé à l’ensemble des investisseurs internationaux dans le secteur extractif africain.
Un différend financier au cœur des recettes de l’État
Selon les déclarations des autorités nigériennes, plus de 3 000 milliards FCFA de recettes d’exportation pétrolière n’ont pas été rapatriés, correspondant au reliquat dû à l’État après le remboursement d’un prêt de 400 millions de dollars contracté en 2024. Une rétention de liquidités qui, selon le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré, a privé le Trésor public de 17,4 milliards FCFA de recettes et asséché les liquidités des banques locales.

Rapatriement des devises, contenu local et audits indépendants
Outre l’obligation financière et l’application des mécanismes de la BCEAO pour le rapatriement des devises, le gouvernement exige :
- Le lancement immédiat de recrutements de cadres locaux et la réalisation d’audits RH ;
- La coopération à une certification indépendante des réserves pétrolières ;
- Le respect strict du protocole de mai 2026 prévoyant la participation de 45 % de l’État dans WAPCO et la baisse des tarifs de transit par pipeline.
À l’expiration de ce délai de 45 jours, Niamey prévient qu’il « tirera toutes les conséquences » légales et opérationnelles.
Quelles leçons pour les pays miniers et pétroliers de la sous-région ?
Cette fermeté illustre une tendance lourde en Afrique de l’Ouest : la renégociation de la valeur ajoutée locale et le contrôle strict des flux financiers issus des ressources naturelles. Pour les pays disposant d’immenses projets extractifs, le suivi rigoureux du rapatriement des devises et du respect des obligations contractuelles s’impose plus que jamais comme un impératif de souveraineté économique.
La Rédaction d’Infomines224
















