Gouvernance & Transparence : L’Affaire AGB2A-CRIEF met en lumière les zones d’ombre de la gestion des royalties minières en Guinée
Dans un communiqué détaillé publié le 8 octobre 2026, le Parquet spécial près la CRIEF a levé le voile sur les motifs de l’interpellation d’Ahmed Tidiane Kanté, administrateur général d’AGB2A-GIC. Au-delà de la procédure judiciaire visant l’ancien DG de la SOGUIPAMI, ce dossier expose au grand jour les mécanismes complexes de distribution des royalties, de traçabilité bancaire et de flux financiers dans l’écosystème minier guinéen.
L’asymétrie des flux et la traçabilité des royalties de Tamita
Au cœur du dossier instruit par l’ORDEF se trouvent les relations financières entre la société Guinean Brain Touch (GBT) — titulaire du permis de Tamita — et ses amodiateurs, notamment AGB2A-GIC et SD Mining. Les investigations de la CRIEF pointent une asymétrie notable dans le paiement des royalties contractuelles, couplée à des volumes importants de liquidités transitant par des retraits massifs en espèces.
Pour les observateurs de l’économie minière, cette situation illustre la difficulté chronique de tracer l’utilisation réelle des redevances de production versées aux structures intermédiaires avant qu’elles ne parviennent aux bénéficiaires finaux.
La question sensible des bénéficiaires effectifs et des prête-noms
L’un des aspects les plus délicats soulevés par le Parquet concerne l’analyse des comptes personnels de certains actionnaires, à l’instar d’Almamy David Sylla (détenteur de 30 % dans GBT). Les enquêteurs s’interrogent sur des mouvements où une écrasante majorité des fonds perçus aurait été retirée par des tiers (notamment des cambistes), suspectant l’existence potentielle d’un montage de prête-nom destiné à dissimuler l’identité du véritable bénéficiaire effectif des parts.
Cette problématique rappelle l’urgence, pour les régulateurs miniers et fiscaux en Guinée, de renforcer l’exigence de transparence sur l’actionnariat réel des sociétés mixtes et sous-traitantes.
Optimisation fiscale et flux transfrontaliers : le cas des juridictions tierces
Le réquisitoire de la CRIEF élargit également le champ d’investigation à des questions de transferts indirects de bénéfices vers l’étranger, citant des flux financiers orientés vers des structures à fiscalité privilégiée (notamment à Chypre). Ce point pose avec acuité la question de la régulation des prestations de services intragroupes, du sponsoring international et des retenues à la source applicables aux revenus générés par l’exploitation minière locale.
À l’heure où la Guinée cherche à optimiser la mobilisation de ses ressources intérieures, l’issue de cette procédure judiciaire fixera un précédent jurisprudentiel fort sur le contrôle des flux financiers dans le secteur extractif.
Par la Rédaction d’Infomines224
















